L’attractivité ? Certes !

Mais pourquoi et comment ?

Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’attractivité ! l’attractivité ! l’attractivité !… Mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien !

Détourner cette petite phrase prononcée par Charles de Gaulle durant la campagne présidentielle de 1965 n’est pas qu’un effet de style. En effet, l’attractivité de la profession est parfois mise à toutes les sauces, psalmodiée par certains sans que cela ne signifie rien et au risque de n’aboutir à rien ! C’est de ce travers que nous avons voulu nous départir durant ces huit années de mandature ECF.

En nous posant la question du pourquoi pour aboutir au comment ! Il aura fallu attendre 2008 et l’arrivée d’ECF pour repartir de l’avant.

 

POURQUOI ÊTRE ATTRACTIF ?

Avant d’en faire une des priorités de notre politique ordinale, nous nous sommes interrogés sur sa raison d’être. De cela dépend la bonne stratégie à adopter. Au-delà du sentiment de satis­faction – quelque peu immodeste –, de l’estime que l’on peut nous porter, pour­quoi tant vouloir être attractifs ?

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Par Antoine Dalakupeyan

Vice-président de l’Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France
Président de la commission attractivité

LE CONSTAT

En effet, bien des professions – et nous pensons notamment à celle d’avocat – ne sont pas en panne d’attractivité, bien au contraire. Au risque d’aboutir au trop-plein et à la paupérisation de la profes­sion. La belle affaire. Heurs ou malheurs, nous ne nous situons pas dans le même paradigme. En effet, notre profession est peu connue du grand public, car elle ne s’adresse pas directement à lui. En tout cas, pas pour le moment. Ce qui n’est pas le cas des médecins, pharmaciens, architectes, avocats, etc. auxquels chaque citoyen a un jour eu affaire de près ou de loin. Apportant le secours d’une expertise hermétique au commun des mortels, elles sont un signe de réus­site et d’intelligence. À telle enseigne que de nombreuses œuvres littéraires ou cinématographiques les portent aux nues. Et mécaniquement, elles attirent les vocations.

La profession comptable ne peut donc compter sur les mêmes atours, sur la même popularité. D’où la difficulté à recruter de nouveaux diplômés pour venir porter un métier régulièrement en croissance. Quel paradoxe, alors même que l’image de la profession auprès de ses clients est dithyrambique !

 

LES CONSÉQUENCES

Ces conséquences sont triples : tout d’abord, sur le plan quantitatif, la popu­lation professionnelle peine à se renou­veler, ce qui pourrait à terme poser un problème de succession, voire de patri­monialité pour les cabinets.

Ensuite, sur le plan qualitatif, alors que la valeur ajoutée de notre activité s’oriente de plus en plus, avec la numé­risation, vers le conseil et la relation client, nous ne pouvons pas risquer de limiter nos recrutements à des jeunes qui se tournent vers la profession non par envie, mais faute de mieux. La voca­tion, l’enthousiasme, mais également l’excellence : c’est essentiel pour les cabinets et, par voie de conséquence, pour l’économie.

Enfin, dans un contexte économique de disruption, avec de nouveaux compor­tements clients, nous devons pouvoir apporter des réponses avec des colla­borateurs sur la même longueur d’onde.

Pouvoir affecter des profils de collabo­rateurs aux profils d’entrepreneurs cor­respondants pour créer un lien et une compréhension réciproque. C’est une des conditions de la confiance dans les rela­tions commerciales.

 

COMMENT DEVENIR PLUS ATTRACTIF ?

Pour répondre à cet impératif, nous avons pensé une véritable stratégie de­puis huit ans. Une stratégie s’appuyant depuis quatre ans sur la création d’une commission attractivité que j’ai l’honneur d’animer.

PREMIER AXE :

Faire reconnaître notre expertise auprès du grand public.

La possibilité d’intervenir auprès des particuliers reconnue par la loi du 23 juillet 2010 ne fut pas le fruit du hasard. Car de plus en plus de particuliers expriment le besoin d’une aide, notamment sur le plan fiscal. Dans la foulée, Laurent Benoudiz et Françoise Berthon ont créé l’opération « allô-impôt ». En partenariat avec Europe 1 et Le Parisien-Aujourd’hui en France, elle est aujourd’hui l’action de communication la plus populaire en France. Qu’on en juge : quarante-deux mille personnes se sont précipitées sur le numéro vert cette année, avec un retour d’estime pour la profession sans commune mesure. Une initiative de l’Ordre de Paris Ile-de-France désormais reprise au niveau national et par de nombreux conseils régionaux (www. allo-impot.fr). Quelle fierté pour l’Ordre et les consœurs et confrères participant bénévolement d’agir pour la profession et au service de leurs concitoyens !

DEUXIÈME AXE :

Communiquer auprès des plus jeunes,

qu’ils soient collégiens ou lycéens, pour qu’au moment de s’orienter, ils aient le réflexe « filière expertise comptable ». Pour ce faire, nous avons créé un fasci­cule adapté : Graine d’expert-comptable. Plusieurs régions ordinales ont emboîté le pas en créant leur édition régionale. Sans compter les demandes des lycées pour informer leurs étudiants. Puis ce fut le tour des compagnies de Paris et de Versailles de créer Graine de commissaire aux comptes, dont la reprise au niveau natio­nal est à l’ordre du jour. Sans oublier une page Facebook comptant plus de deux mille likes.

TROISIÈME AXE :

Investir les écoles, les universités et les forums pour présenter la filière.

Nous ne comptons plus les présentations qui ont eu lieu dans tous les lycées, écoles de commerce, master CCA… pour présenter la réalité du métier d’expert-comptable.

QUATRIÈME AXE :

Communiquer sur le métier dans la presse grand public,

et en particulier dans Le Parisien. Nous avons investi chaque année dans la réa­lisation de dossiers spéciaux au cœur des cahiers sur l’orientation et l’emploi.

CINQUIÈME AXE :

Promouvoir l’alternance à tous les stades du cursus,

et notamment auprès des écoles de commerce, afin d’intégrer de nouveaux talents particulièrement investis.

Pour ce faire, nous avons créé un forum annuel de l’alternance intitulé depuis cette année « jobfair ». Le 24 mai dernier, vous étiez une centaine à venir recruter des candidats à l’alternance issus de toute filière, présentés par vingt-sept écoles.

Une promotion soutenue pour la pre­mière fois cette année par un guide des écoles présentant par département et filière toutes les possibilités de recrute­ment, période incluse.

En somme, en huit années de mandature ECF, nous ne sommes pas restés inertes.

Nous avons été novateurs au service d’une ambition pour la profession : mettre à dispo­sition de tous les cabinets les talents indis­pensables à leur développement.