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 Quatrième édition des « des rencontres franciliennes »

Le robot comptable : fantasme ou réalité ?

Initiées en 2012, les rencontres franciliennes ont pour ambition d’échanger autour de thématiques traitant de la stratégie des cabinets d’expertise-comptable franciliens. Quelles stratégies, quels positionnements ? Comment s’adapter pour un cabinet de taille intermédiaire ?

La problématique est complexe pour un cabinet comprenant entre cinq et vingt-cinq collaborateurs. En effet, si les cabi­nets d’une certaine taille peuvent mettre en place une démarche full service en spécialisant par métiers et/ou par typolo­gie de mission leurs associés, les cabinets de taille intermédiaire n’ont pas accès aux mêmes ressources financières et humaines. À l’inverse, le cabinet de petite taille dispose d’un argument déterminant : proximité et réactivité, l’expert-comptable étant en contact régulier avec la plupart de ses clients. L’expert-comptable, dans un cabinet de taille intermédiaire, doit ainsi à la fois déléguer la relation client tout en offrant suffisamment de services à valeur ajoutée avec des moyens réduits.

 Cette problématique semble d’autant plus cruciale qu’elle concerne de très nombreux cabinets franciliens et qu’une révolution nu­mérique oblige aujourd’hui à repenser notre modèle économique.

La première rencontre, en 2012, s’est focali­sée sur cette problématique de stratégie. La deuxième traitait le sujet du commissariat aux comptes et de sa mise en œuvre dans les cabinets libéraux. Enfin, la troisième édition s’intéressait à la révolution numé­rique avec notamment une table ronde présentant les nouveaux outils et services proposés par les barbares de la profession : comptabilité en ligne, logiciels automatisant les saisies, plate-forme de comptabilité, etc. La quatrième édition s’interrogera sur la réalité de cette mutation numérique que beaucoup d’entre nous mettent encore en doute. Ainsi, si on pouvait s’interroger lors de la bulle Internet de 2000 sur la réalité de la transformation en cours par l’économie numérique, les chiffres donnent aujourd’hui le vertige : depuis 2007, l’impact écono­mique du secteur d’Internet a doublé, et pèse quelque 966 milliards de dollars. Les acteurs d’Internet grossissent et se mul­tiplient. Ils représentent désormais 6 % du PIB des États-Unis et près de trois millions d’emplois.

Dans un article publié sur le site Internet de la Paris School of Business (1), notre confrère, Stéphane Bellanger, responsable du master CCA de l’ESG MS, explique ainsi que l’ave­nir nous réserve probablement beaucoup de surprises : « L’automatisation des métiers administratifs, comptables et de gestion par l’utilisation de processus robotisés, grâce à l’intelligence artificielle, fait l’objet de beau­coup de spéculations depuis l’étude d’Oxford publiée l’an dernier dans The Economist : la profession comptable, dans son acception la plus large, est la deuxième la plus suscep­tible d’être affectée, avec une probabilité de 94 %. » La profession de comptable libéral ou en entreprise est-elle sur une trajectoire de collision avec ces technologies de rupture ?

L’avenir des professions comptables, telles que nous les connaissons aujourd’hui, est-il sombre ou lumineux ?

Pour Stéphane Bellanger, « c’est une question sérieuse, car l’automatisation de la comptabilité est inévitable, et avoir un plan de bataille est crucial. Sachant cela, les métiers vont changer ! L’automatisation numérique du travail va prendre en charge les tâches les plus “lourdes” de sorte que les comptables peuvent se concentrer sur le travail de plus grande valeur ajoutée, qui tire le meilleur parti de leurs expériences et connaissances. […] Selon des estimations – certes anglo-saxonnes – prudentes, la plupart des structures de comptables pratiquant en libéral ou en entreprise seront concernées au cours des cinq prochaines années. » La robotisation des processus comptables va donc profondément bouleverser notre modèle économique : quelle valeur aura notre prérogative d’exercice (notre monopole) lorsque la comptabilité sera réalisée par un robot doté d’une intelligence artificielle suffisante à la saisie et à la révision des comptes d’une petite entreprise ? Comment adapter nos équipes et sous quels délais ? Quelles incitations nouvelles pousseront nos futurs clients à frapper à la porte de nos cabinets si un logiciel Internet s’occupe de leurs obligations fiscales et sociales ? Tels sont les sujets qui seront abordés lors de nos 4èmes rencontres franciliennes qui se tiendront le 7 novembre 2016 au Cercle national des armées. Afin d’alimenter la réflexion en amont, un BarCamp sera tenu le 27 octobre 2016 sur la thématique suivante : « Après l’ubérisation de la saisie ; quelles missions pour le cabinet indépendant ? »

(1) http://www.psbedu.paris/fr/actus/vers-automatisation-metier-comptable

Réservez dès maintenant ces deux dates dans votre agenda !

Renseignements et inscription pour les 4èmes rencontres franciliennes le 7 novembre 2016 au Cercle National des Armées à Paris 8 sur
http://www.optim-event.fr/?page_id=14907