Interview aux questions croisées

de Jean-Luc Flabeau et Olivier Salustro

Services aux confrères, formation diplômante, rayonnement de l’institution et de la profession, réforme de l’audit, défense de l’exercice libéral du commissariat… Jean-Luc Flabeau, président de la CRCC de Paris, et Olivier Salustro, tête de liste ECF et vice-président de la commission évaluation à la CNCC, répondent à nos questions et présentent leurs projets et leurs ambitions pour notre profession.

Jean-Luc Flabeau, cette fois vous n’êtes pas directement candidat, mais vous animez cette campagne. Quelles sont vos motivations et vos ambitions pour la CRCC de PARIS ?

JLF : Mes ambitions sont bien évidemment exclusivement collectives. J’ai pu mesurer pendant les deux années écoulées combien une équipe soudée et motivée pouvait se mettre au service de plus de 3 000 confrères et apporter des aides, des supports et des services concrets. Même si globalement, nous ne pouvons être satisfaits de la manière dont a été menée au niveau national la transposition de la réforme européenne, l’action de lobbying et la communication menée par la CRCC de Paris a certainement beaucoup contribué à limiter les effets pervers et dévastateurs de cette réforme. J’en veux pour preuve le maintien du co-commissariat aux comptes, l’encadrement des SNA (Services non audit) et la reconnaissance de la spécificité de l’audit PME.
Dans un contexte très particulier où notre profession subit de profonds bouleversements, avoir l’honneur de présider la plus grande Compagnie de France est certes une grande responsabilité, mais donne aussi le sentiment que là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Ma motivation est donc très forte car je sais que Paris, qui représente près d’un quart de notre profession, peut entraîner d’autres CRCC pour s’opposer à l’immobilisme et au renoncement trop souvent de mise dans les débats de la CNCC.

Concrètement, quelles actions entendez-vous développer pour les deux prochaines années ?

JLF : J’avais proposé trois axes de mandature lorsque j’ai pris mes fonctions il y a deux ans :
• Une CRCC tournée vers les confrères.
• Des actions spécifiques en faveur des jeunes.
• Une plus grande ouverture vers le monde socio-économique.

Avec la transposition de la réforme européenne, nous avons multiplié les rendez-vous d’information auprès de nos confrères tout en maintenant l’ensemble des autres actions mises en place lors des précédentes mandatures.
Nous avons développé de nombreux partenariats avec les écoles et les universités et accru notre présence afin de mieux faire connaître notre profession.
Enfin, nous avons institué un nouveau rythme de rencontres avec les acteurs économiques et amplifié notre communication (refonte de notre magazine Vite Lu, embellissement de notre site Internet, présence dans la presse économique, organisation des rencontres périodiques « horizons croisés »…).
Deux ans, c’est très court et il reste beaucoup d’actions à mener. En fait, il nous faut encore renforcer ces trois axes en proposant de nouveaux services et de nouvelles actions. Pour cela, nous avons besoin d’une cohésion forte et d’une équipe motivée.
Au cours de ces deux années, j’ai eu la chance d’avoir à mes côtés beaucoup d’élus qui ont donné leur temps et leur énergie à cette belle tâche consistant à servir nos confrères. Je sais que demain, cette nouvelle équipe saura poursuivre le travail accompli et réaliser de nouveaux projets.

Olivier Salustro, après un premier mandat de quatre ans à la CRCC de Paris, vous avez décidé de vous représenter et vous conduisez la liste ECF Union des libéraux. Quelles ont été vos motivations pour poursuivre cette expérience ?

OS : Il s’agissait pour moi, en effet, d’une première expérience d’élu. Très rapidement, j’ai été intégré à l’équipe, expérimentée, à l’écoute des confrères et animée d’une véritable volonté d’agir de manière concrète.

Avec nos deux présidents successifs, Didier-Yves Racapé et Jean-Luc Flabeau, j’ai pu dès la première année de mon mandat développer un projet qui me tenait à cœur : la mise en œuvre d’une formation d’excellence destinée à nos confrères ayant trait à l’évaluation (mon domaine de prédilection) au financement et à la transmission.

Je suis heureux aujourd’hui de constater que la troisième promotion sera dans les prochaines semaines sur les bancs de l’université Paris-Dauphine, notre partenaire, et je souhaite que l’année qui s’ouvre puisse nous permettre d’aboutir à la mise au point d’une formation encore plus pointue allant au-delà d’un diplôme universitaire et offrant aux étudiants un executive master, diplôme reconnu et très valorisant.

Jean-Luc Flabeau, vous avez poursuivi et encouragé cette initiative. Quelle étaient vos motivations ?

JLF : L’idée d’Olivier de proposer une formation d’excellence à nos confrères ne pouvait que me séduire. Le thème de l’évaluation est encore trop méconnu et pourtant il devrait être partie intégrante de notre formation.
De manière directe ou indirecte, le commissaire aux comptes doit aborder ces problématiques et la CRCC de Paris permet grâce à ce partenariat d’exception avec l’université Paris-Dauphine de pallier une formation générale que nous jugeons trop pauvre.

Olivier Salustro, vous êtes vice-président de la commission évaluation à la CNCC. Quelle est pour vous la place des CRCC dans le dispositif de formation des Confrères ?

OS : Sans une proximité avec les confrères, le lancement d’une telle opération est voué à l’échec. Nous avons la chance à Paris de disposer de la proximité avec des grandes écoles et des universités de référence.
La CRCC et le conseil régional de l’Ordre des experts-comptables ont tissé au cours des dernières années des liens forts avec l’université Paris-Dauphine.
Nous avons aussi pu constater que cette université méritait véritablement sa renommée par la qualité de ses enseignants, leur volonté d’excellence et leur désir d’être tourné vers les grandes professions du chiffre et du droit. Il est évident que pour suivre ce
cursus, étalé sur trois années civiles pour être adapté à la vie des cabinets (on débute en octobre de l’année n et on termine en mars de l’année n+2), la proximité géographique est un atout majeur.
Ainsi, beaucoup de Franciliens composent les rangs des deux premières promotions. Néanmoins, je constate avec plaisir que la CRCC de Paris a aussi su attirer des confrères issus des régions.
Même si nous dérangeons parfois, force est de constater que la recherche de l’excellence est la meilleure réponse aux jugements intempestifs et aux défiances partisanes.

En quelques mots, quelles sont vos ambitions pour cette prochaine mandature ?

JLF : Poursuivre inlassablement notre rôle d’information et catalyser l’énergie auprès de nos confrères pour démontrer que l’audit et le commissariat aux comptes ont un rôle incontournable dans la vie économique.

OS : Promouvoir encore davantage l’idée que l’excellence n’est pas réservée à une élite, mais est tout à fait accessible à tous les confrères avec un peu d’investissement personnel pour parvenir à des niveaux de qualification qu’ils pensaient a priori inaccessibles.

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Jean-Luc Flabeau

expert-comptable, commissaire aux comptes,
président de la CRCC de Paris.

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Olivier Salustro

expert-comptable, commissaire aux comptes,
candidat, tête de liste ECF à la CRCC de Paris.