Entretien croisé avec Laurent BENOUDIZ & Virginie ROITMAN

 

Nous avons interrogé nos deux têtes de liste, candidats sortants de la mandature actuelle, sur les motivations, les actions fortes et leurs ambitions pour les élections qui se tiendront du 9 au 22 novembre 2020.

Après quatre années actives, pourquoi se présenter à nouveau ?

LB : Quatre années, c’est en effet déjà long pour un libéral, même si j’ai la chance d’avoir des associés compréhensifs… J’ai pourtant souhaité me représenter afin de faire une année complémentaire avec Virginie comme vice-présidence, afin de l’accompagner dans une sorte de dauphinat, comme cela existe chez nos amis notaires et avocats. C’est l’assurance d’une passation des clés efficace de la maison des experts-comptables et d’une poursuite des actions entreprises jusque-là. J’ai découvert et appris à connaître Virginie durant ces quatre ans ; elle sera sans hésiter une excellente présidente !

VR : Durant ces quatre années, j’ai eu l’occasion de m’imprégner des nombreuses commissions de l’Ordre en présidant notamment le Tableau et la lutte contre l’exercice illégal, tout en siégeant au bureau. J’ai désormais envie de poursuivre mon engagement au sein de l’institution en tant que présidente afin de renforcer encore les services et les outils au bénéfice des libéraux. J’essaierais d’y apporter le dynamisme que Laurent a réussi à créer avec l’ensemble des élus.

S’il ne fallait retenir qu’une action de votre mandature ?

LB : Au-delà de tous les outils pratiques réalisés, des clubs lancés (DAF et Patrimoine), des efforts en matière d’attractivité – grâce à l’ensemble de l’équipe d’élus et de collaborateurs de l’Ordre, que je ne remercierai jamais assez –, je crois que la réforme la plus structurante est celle du contrôle qualité. C’est un véritable tournant dans l’approche retenue jusqu’alors avec des contrôles désormais orientés vers l’amélioration de la performance des cabinets et non axés sur le seul contrôle de la bonne application des normes, comme cela était envisagé à l’origine. Le contrôle qualité, c’est un budget de 700 000 euros annuel. Il va désormais être utilisé en allant à la rencontre de tous les experts-comptables pour les accompagner vers la performance.

VR : Cette réforme est en effet essentielle et il a fallu tout le poids de Laurent et de Julien Tokarz, ancien président de l’Ordre de Paris, pour la mettre en œuvre. J’envisage au cours de la première année de mon mandat de prendre la présidence de la Commission qualité pour garantir sa pérennité. En ce qui me concerne, je pense que le rapprochement avec le CFA ACE, qui forme un millier d’étudiants aux métiers de l’expertise-comptable, est une action structurante forte. On connaît tous les difficultés de recrutement de nos cabinets : il était indispensable de s’en occuper sérieusement sans laisser les grands cabinets préempter les étudiants DCG/DSCG formés par d’autres écoles, tout en permettant de renforcer l’attractivité de notre filière.

ECF, ce sont des idées, des actes, des résultats… Une idée forte pour les quatre ans à venir ?

VR : L’attractivité de la filière est déterminante pour notre avenir : nous avons besoin de recruter et d’attirer des talents. Pour cela, il faut pouvoir proposer des évolutions à nos collaborateurs ; j’envisage de développer un outil de gestion des compétences pour le suivi de l’évolution de nos collaborateurs en m’appuyant sur l’ACE et l’Asforef à travers des parcours certifiants. Enfin, il faudra également travailler sur le stage : il est indispensable que chaque cabinet puisse accueillir des stagiaires, ce qui n’est plus garanti avec le relèvement des seuils en audit. Il est tout aussi indispensable que ces jeunes collaborateurs soient formés le mieux possible sur les compétences nécessaires à notre développement commun.

LB : Nous avions promis « plus d’actions et moins de cotisations » en 2016. Aujourd’hui, il me semble que la priorité est d’alléger les contraintes qui pèsent sur nos cabinets et notre exercice quotidien en transformant ces contraintes en opportunités. Si nous remportons les élections à l’Ordre de Paris et au Conseil supérieur, toutes les énergies seront nécessaires pour faire évoluer le contrôle de la LAB vers un outil plus utile et plus efficace. C’est l’idée d’une solution dans le cloud permettant, grâce aux volumes de data et de l’IA, d’analyser les flux issus du FEC, de jedeclare et de jefacture. Cela permettra non seulement une lutte efficace contre le risque BC-FT, mais également l’accès à des informations exclusives exploitables par chacun d’entre nous. C’est bien ensemble que nous serons plus fort individuellement, et ne pas prendre cette orientation dès maintenant serait une terrible faute alors qu’il s’agit d’une opportunité extraordinaire de dépasser notre monopole de droit par un monopole de fait. Nous en avons l’ambition, nous en avons les moyens : gageons que nous sommes nombreux à partager cette grande ambition collective pour notre profession !