Quelle stratégie pour un cabinet indépendant ?

 

Les mutations profondes qui frappent notre profession mettent à mal le modèle traditionnel du cabinet libéral, dont l’activité est liée à des missions déclaratives et de tenue comptable. Ces cabinets se sentent souvent démunis face à un environnement nécessitant des compétences de plus en plus diversifiées.

Notre syndicat a pour vocation la défense des cabinets indépendants, quelle que soit leur taille, et notre vision du rôle des institutions est la mutualisation de moyens en faveur des libéraux. Les cabinets internationaux n’ont pas besoin de l’Ordre pour s’adapter aux évolutions du marché.

Nous souhaitons que les cabinets indépendants puissent continuer à exister dans le monde de demain. Pour cela, il est indispensable de faire évoluer la stratégie des libéraux qui ne pourront bientôt plus compter sur une source « naturelle » d’entrée de nouveaux clients, dont les obligations déclaratives vont se réduire progressivement. En effet, l’administration fiscale envisage de préremplir les déclarations de TVA grâce à la facture électronique, et la remontée des seuils « micro » en matière d’imposition du résultat est un danger imminent.

La stratégie d’un cabinet libéral passe par l’identification et le développement de compétences spécifiques, et la mise en place d’une démarche commerciale proactive. Au cours des quatre années écoulées, nous avons mis en œuvre des actions concrètes favorisant l’émergence de ces stratégies.

Nous avons lancé les clubs Patrimoine et DAF externalisé pour proposer des formations de qualité permettant la diversification des compétences chez les confrères. Ces initiatives ont connu un grand succès avec quatre cents adhérents au club Patrimoine et deux cent cinquante au club DAF.

Nous avons créé la plateforme Bbusi, qui permet aux cabinets de trouver des ressources et compétences ponctuelles sur des besoins spécifiques via la cotraitance. Ainsi, chaque cabinet, quelle que soit sa taille, est désormais en mesure de répondre à toutes les demandes de ses clients grâce au travail en réseau avec des confrères.

Nous avons poursuivi le développement de Cap Performance, qui regroupe des outils permettant aux cabinets de répondre rapidement à leurs obligations réglementaires et ordinales (diagnostic RGPD, document unique d’évaluation des risques professionnels, lettres de mission adaptées, manuel du cabinet, etc.).

Nous avons créé la plateforme PON, qui référence tous les outils numériques existants pour permettre aux confrères d’appréhender les spécificités de chacun et de sélectionner ceux qui sont le plus adaptés à leurs besoins.

Nous avons lancé une réforme ambitieuse du contrôle qualité, afin de revenir aux fondamentaux de ce dispositif. Nous souhaitons transformer le contrôle qualité en un accompagnement stratégique des confrères, plutôt qu’en une corvée les contraignant à appliquer une surinterprétation des normes issue d’un diktat doctrinal totalement dépassé.

Enfin, nous avons assuré une veille informationnelle très poussée lors de la crise de Covid via la mise en place de webinaires très suivis par les confrères.

Au cours de la prochaine mandature, nous allons poursuivre nos actions, notamment en travaillant avec le conseil supérieur pour déployer nos outils au niveau national, ce qui augmentera leur visibilité et permettra de les enrichir. Nous maintiendrons la réforme du contrôle qualité et ferons barrage à toute velléité de transformer les contrôleurs qualité en contrôleurs fiscaux. La disparition de l’exercice libéral n’est pas une option pour notre syndicat, et nous veillerons à soutenir les cabinets indépendants.

> R.N.B.